Killer Seven, le dernier des Capcom Five
Le dernier pas tout à fait puisque Dead Phoenix a disparu de la circulation pour, peut être, renaître de ses cendres un de ces jours…
P.N.03, Viewtiful Joe, Resident Evil 4, Killer7, trois de ces jeux sont, mine de rien, de nouvelles licences. On peut honnêtement dire que deux d’entre elles, ont véritablement su marquer le genre auquel elles se sont respectivement attaquées. Marquer, de part leur gameplay réellement novateur bien évidement, mais également pour leur univers complètement barré, n’appartenant qu’à elle seule.
En effet après y avoir joué, qui n’a pas souhaité voir Viewtiful Joe débarquer dans une anime TV ? C’est fait ! Aujourd’hui, après s’y être aventuré, qui ne souhaiterait pas encore plus, voir l’univers de Killer7 subir le même châtiment ?
Un scénar signé Mikami, en personne…
Commençons tout d’abord ce long test, par planter le décor. Dans le jeu vous incarnez le Killer7 : Harman Smith, le cerveau, le maître. Ce tueur professionnel est schizophrène, il possède ainsi sept autres personnalités, sept tueurs répondant également au nom de Smith, le clan Smith. Ce qui différencie le Killer7 de tout autre schizo, c’est qu’en plus de posséder ces personnalités, il a la faculté de prendre instantanément leur apparence physique, exception faite pour l’une d’entre elle, Garcian.
Garcian Smith est une personnalité étrange, qui semble avoir une vie réelle, une existence à part entière, dissociée des six autres. C’est d’ailleurs le seul qui a le pouvoir de communiquer avec le maître, mais c’est également lui le chargé de mission. Privilège ou manipulation diabolique ? C’est en tout cas l’individu qui semble avoir le plus de liberté, Harman s’en sert t-il comme simple connexion avec le monde extérieur ? Cette relation ambiguë se révèle être l’aspect de l’univers le plus intriguant.
L’histoire commence par nous présenter le nouveau projet maléfique du plus vieil ennemi d’Harman. Un individu qu’il pensait avoir définitivement éradiqué 30 ans auparavant. Mais voici que Kun Lan, surnommé le terroriste, réapparaît aux Etats-Unis pour y répandre un virus transformant les être humains en monstres démoniaques, alors appelés les Heaven Smile (Sourire Céleste).
Vous voici donc nageant en pleine science fiction. Après avoir accompli la première mission, vous vous rendez rapidement compte que les Smith sont réputés et craints de par le monde pour leurs actes criminels accomplis avec succès. Mais plus encore, pour leurs étranges pouvoirs qui leur permettent d’être quasi intouchables ! Une sorte de super héros ne faisant qu’un, au service du bien, du mal, ceci n’a finalement que peu d’importance dans le monde où ils évoluent…
Un contexte géopolitique pas si hasardeux
Killer7 n’est en aucun cas le jeu politiquement correct par excellence, bien au contraire. En plus de sa violence aussi bien verbale, physique que psychologique, il s’attaque directement aux institutions Américaines. Leurs relations ambiguës avec les hautes instances du pouvoir. Mais de manière plus globale, il affiche clairement son dégoût pour la société dans laquelle il prend place, de son plus gros cancer qu’est la culture du paraître…
Cette fiction, complexe, se situe en Amérique du Nord, où se trame complots et manigances politiques entre Japonais et Américain. Au beau milieu de ce background quelque peu mafieux, se trouve Garcian qui, à priori, travail de temps à autre pour les services secrets Américain, la CIA. En effet il est souvent missionnés pour effacer les personnages asiatiques gênants, de cette macabre mise en scène géopolitique.
Dans tout ce bric-à-brac, autant vous dire qu’il n’est pas toujours facile de s’y retrouver, les histoires se mêlent, s’entremêlent à tel point que parfois on ne comprend pas tout. Qui fait quoi, qui travail pour qui, plus vous avancez, plus la complexité de l’univers se dévoile à vos yeux, plus l’aventure prend le pas sur l’action…
Autant de possibilités que de personnalités…
En effet, malgré un système de tir dynamique superbement réalisé, le système de déplacement atypique, la manière dont les informations sont rendues accessibles ainsi que la profondeur des personnages, font que l’on se retrouve plonger dans le scénario, en quête de nouveaux éléments qui vous permettraient d’en savoir plus sur toute cette choucroute.
Durant la partie vous rencontrez de nombreux personnages annexes, vivant ou morts, des fantômes qui vous hantent, vous guident, vous décrivent cet univers malsain dans lequel vous évoluez, mais également vous en apprennent d’avantage sur l’historique des tueurs, chacun possédant un passé qui les a amené à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.
Vous inter changez de personnalité via une interface accessible par le bouton start. Nos sept protagonistes bénéficient d’aptitudes au tir et pouvoirs spéciaux qui leurs sont propre. La psychologie de chacun d'eux a été particulièrement bien réfléchie, ainsi le joueur pourra s’attacher à un personnage plus qu’à un autre…
Harman Smith est le big boss, c’est lui que l’on voit dans son fauteuil roulant. Ce vieil infirme pervers possède carrément une arme anti-char, adossée à sa chaise. Voici un personnage qui ne fait pas trop dans le détail, et qui nous réserve bien des surprises… Harman n’est pas tout le temps jouable, rarement même. En revanche une fois le jeu terminé, vous débloquez un nouveau mode vous permettant de l’avoir toujours avec vous.
Garcian Smith est le serviteur du maître, la caricature type du tueur à gage: grand, costar cravate, solitaire, la classe quoi… Il se balade toujours avec sa longue valise noire. Il n’a pas de pouvoir particulier hormis celui de ressusciter les six autres. C’est celui qui semble avoir le plus la tête sur les épaules, du moins en apparence. Il est armé d’un flingue muni d’un silencieux, venant encore renforcer cette impression du gars qui fait son travail sans laisser de trace…
Dan Smith est le genre de type qui se la pète, se prend pour le boss. Gros blasé de la vie, il est un peu désinvolte… Avec son gros calibre il joue les beaux gosses, et semble particulièrement aimer exploser des tronches à tout va, c’est un sans pitié ! Celui-ci n’a pas de pouvoir particulier, il bénéficie toutefois de types de balles spéciales, qui peuvent faire pas mal de dégâts.
Kevin Smith est plutôt introverti, voir même très certainement le plus gros psychopathe de la bande ! Pas un mot, recroquevillé, lunette de soleil, il est armé de lames spécialement conçues pour trancher des gorges à souhait. Kevin est une sorte de Bloody Lover, plus ça gicle, mieux c’est ! Un personnage qui se révèle très pratique, du fait qu’il peut devenir invisible…
Coyote Smith est le malin de la bande, agile, il peut ouvrir les serrures et sauter très très haut ! Armé lui aussi d’un seul flingue, ce n’est pas avec celui-ci que vous passerez la majeure partie de votre temps ! Mais son style racaille quand il pointe son arme le rend tout de même attachant…
Con Smith est le plus jeune des 7, intrépide, extrêmement mobile, il est armé de deux mitraillettes, une dans chaque main ! Autant dire que quand il arrose, mieux ne vaut pas se trouver dans le coin par hasard… Con est aveugle depuis sa naissance, de ce fait il possède une ouïe extrêmement développée. Certainement le personnage avec lequel on passe le plus de temps au début du jeu, avant de mieux se familiariser avec les autres…
Kaede Smith est la seule fille du groupe, mystique, sa visée longue distance la rende souvent indispensable. Avec Kevin ce sont ceux qui semble les plus discrets, mais indéniablement ceux qui en font le plus pour vous tirer des mauvaises situations… La fille peut révéler des barrières invisibles grâce à une compétence spéciale, la douche de sang.
Et enfin Mask De Smith, prétendu catcheur, un personnage qui se sent rejeter de tous, il n’est pas un monstre comme il dit… On sent bien qu’il a un cœur gros comme ça, néanmoins il plombe à cœur joie avec ses deux gros guns qu’il met une plombe à recharger ! Il est vrai qu’au début il ne paie pas de mine, mais par la suite celui-ci se révèle comme l’un des personnages les plus charismatique du jeu.
Nos personnalités évoluent au cours de l’histoire, que ce soit sur un point de vue personnel ou par l’acquisition de nouvelles compétences. Plus vous progressez dans l’univers de Killer7, plus la trame scénaristique vous oblige à faire connaissance avec chacun d’eux. D’une part dans les situations de gameplay, où il vous faut faire intervenir tel ou tel en fonction des facultés requises, mais également lorsque des événements scénaristiques interviennent pour vous en apprendre d’avantage sur leur passé, leur vécu. Au final on fini par s’y attacher sans même sans rendre compte, jusqu’au moment où…
Une mise en scène très théâtral
Passons à présent aux aspects un peu plus techniques du gameplay. Comme vous le savez déjà certainement, dans Killer7 vous ne progressez pas comme dans tous les autres jeux. Ici votre chemin est pré-établis, seul vous incombe le choix de la direction. Avec A vous avancez, B vous vous retournez, le stick analogique permet de choisir la direction dans laquelle vous souhaitez aller, à chaque intersection. En fait il suffit simplement de pointer le stick puis d’appuyer sur A pour valider l’embranchement ainsi sélectionné.
Tout cela se fait en temps réel bien sûr, une fois que vous êtes alaise avec le système, cela devient très fluide. A noter qu’une carte du niveau vous est proposée, celle-ci indique la pièce où vous vous situez et selon le mode de difficulté choisi, des indices visuels vous permettant de résoudre les nombreux puzzles du jeu, lesquels de toute façon ne sont pas vraiment difficile à résoudre, même si un calepin peu s'avèrer nécessaire, afin d'y relever des indices…
Au final ce système de déplacement est superbement bien pensé, équilibré, mais surtout inédit, ce qui est une qualité appréciable. En quelque sorte on pourrait même aller jusqu'à dire qu’il réinvente le point&click à sa façon, le rendant plus moderne, plus vif, plus interactif ! Car en plus de ne pas perdre l’atout cinématographique, Killer7 propose de l’action temps réel qui contrebalance superbement cet aspect linéaire, difficilement contournable pour un jeu d’aventure.
Un système de tir aux multiples aspects
Comme déjà dit, les personnalités possèdent des aptitudes individuelles au tir, cela implique que pour chacun d’eux l’approche sera différente. Avec certains on va se la jouer bourrin, avec d’autres plus finement, avec d’autres encore plus sanglant. Chaque joueurs devraient donc pouvoir trouver son bonheur, pour ainsi passer le plus de temps avec le style du personnage qui lui convient le mieux.
Dans Killer7 votre énergie est le sang. Quand vous tuez un Heaven Smile, vous récupérez son sang, celui-ci est alors stocké dans une jauge, mais également converti en petites fioles vous permettant d’une part de vous régénérez, et d’autre part, d’utiliser vos pouvoirs spéciaux. Par exemple, pour devenir invisible Kevin consommera une fiole, de même pour Kaede et sa douche de sang…
Hormis ces pouvoirs hors du commun, certains tueurs possèdent également pour leur arme, des facultés spéciales leur permettant d’accroître les dommages infligés à l’ennemi. Cette puissance extraordinaire peut s’avérer très gourmandes en fioles de sang, mais très utile pour vous débarrasser rapidement d’un individu coriace…
Autre point fort du système, c’est que selon la manière dont vous allez prendre soin de tuer un ennemi, vous récupérez plus ou moins de sang. En effet la gestion des dégâts est extrêmement bien réalisée, vous pouvez ainsi dégommer à volonté bras, jambe, tête etc… Le plus fun est lorsque vous mettez un ennemi à terre, et le regarder ramper jusqu'à vous pour essayer de vous tuer, et que là vous lui envoyez la bastos fatidique qui l’achèvera… ^^
Pour conclure sur ce sujet, sachez qu’il existe de nombreux types d’ennemis, chacun d’eux possèdent un point sensible qui peut leur être fatale. Attention ces monstres sont variés et de plus en difficile à gérer au cours de votre avancée ! Comme pour les boss de fin de niveau, il vous faudra donc trouver la technique adéquate pour les flinguer avant que ça ne soit eux qui vous explose à la tronche ! Une système de tir bien pensé, accessible, varié, plus que complet en somme…
Des compétences de super héro !
L’acquisition de nouvelles compétences se fait une fois de plus, par l’acquisition de litre et de litre de sang ; vampire vous avez dire vampire ? Comme dit précédemment, quand vous tuez un ennemi, vous remplissez un récipient qui, le moment voulu, peut être converti en d’autres fioles, servant celles-ci à upgrader les caractéristiques de vos personnages, à la manière d’un RPG dirons-nous…
Bien que l’on retrouve souvent les mêmes compétences chez tous les tueurs, à savoir Force, Rapidité, Onde de Choc, Morts Subite, certains possèdent une caractéristique qui leur est propre. Comme la durée d’invisibilité pour Kevin par exemple…
Au fur et à mesure que vous élevez les capacités de vos personnages, vous débloquez ces nouvelles facultés qui, parfois, vous rendent la vie bien plus facile. Ainsi la contre attaque vous permettra d’éliminer un Heaven Smile qui vous colle de trop près, l’attaque au sol peut également vous sauver la vie à certaines occasions, les balles démoniaques ou de précision pour éliminer un ennemi plus rapidement…
Un système d’acquisition des compétences qui augmente significativement l’intérêt ludique du titre. Certes nous avons à faire ici à un concept relativement simple, peu évolué, et tant mieux après tout, Killer7 n’est pas un RPG ! Cet aspect du gameplay vous force un peu plus à vous soucier du devenir de vos personnages…
Killer7, le jeu Culte par excellence…
Nous voici arrivé au terme de l’épluchage, que dis-je ! Du survole ! Tant il y aurait de choses à rajouter sur Killer7, tant de choses que même les développeurs ne nous proposent pas suffisamment d’explorer au cours de ce seul jeu…
L’univers est absolument phénoménal ! On aurait pu vous parler encore de La Chambre d’Arman où l’on sauvegarde et gère ses personnalités, La Porte de Liaison, Le Mobil Home de Garcian, Les Anneaux de Pouvoir, Suzie, Samantha, Iwazaru, Travis, Le Clin d’œil au Seigneur de Anneaux, l’Affaire Bronco, Le Masque de Vérité, Les Pigeons, La Chambre de Sang, Les Deux Fins, Le Mode Killer8 ou encore Mills, le seul autorisé à vous envoyer en mission…
Un gameplay superbement bien équilibré, une narration omniprésente, que cela soit par l’intermédiaire de cinématiques en 3D temps réel, de dessins animés type manga ou bien par la rencontre de personnages non joueurs ! L’histoire ne vous lâche pas une seule seconde, impossible de s’ennuyer…
Beaucoup pensaient que ce titre ne serait qu’un simple et vulgaire jeu de tir, Killer7 réussi à vous mettre dans la peau du tueur qu’il nous convient d’être, et fini par vous happer dans son monde absolument ravagé ! Très certainement une œuvre à mettre sous vitrine une fois bouclée…
VERDICT
Graphismes
18/20 Un cell shading très propre et qui offre au jeu un style très immersif. Une animation soignée, des décors variés… Un univers superbement bien retranscrit, le tout baignant dans une atmosphère de Manga complètement déjanté. On regrette qu’un film ne nous soit pas proposé à la fin, histoire de vous remémorer votre aventure.
Audio
18/20 Une superbe bande son, mais où est disponible la BO ? Irons même jusqu'à dire certains ! Des musiques qui collent parfaitement aux différents thèmes, l’intonation émise par les flingues est très réaliste, le rire des Heaven Smile est diabolique à souhait. En bref c’est l’immersion totale, d’autant plus si vous possédez une installation Dolby. Le seul regret ici, est que les voix n’aient pas été doublées en Français, ce qui par moment rend l’histoire difficile à suivre avec de simples sous-titres.
Durée de vie
17/20 Le jeu est découpé en missions, une durée de vie courte mais correcte, compte tenu de la densité du contenu et le rythme imposé. Une durée de vie qui dépendra également du mode de difficulté choisi, et de l’implication du joueur. Une seconde exploration ne sera pas de trop pour tout comprendre aux rouages de cet univers particulièrement complexe…
Gameplay
18/20 Au final un jeu d’aventure bien plus qu’il n’y parait, un gameplay qui rafraîchi, voir même révolutionne le genre en lui injectant une bonne dose d’action, et d’ingrédient à la sauce RPG. Bien que les développeurs aient essayé de casser une répétitivité apparente, elle l'est parfois, mais au final est étouffée par une narration très soutenue, du très beau boulot.
Note génerale
19/20 Killer7 est définitivement un jeu culte, une oeuvre d'art comme on a peu l’occasion d’en voir au cours d’une vie de joueur. Au delà de cet aspect "No Future", il vous immerge dans une fiction intrigante, passionnante, qui vous réserve bien des surprises et révélations sur les protagonistes. Un jeu politiquement incorrect à posséder de toute urgence ! Pour peu que vous ayez 18 ans ou plus…
Redigé par ZaKuada sur NGCfrance.com
- Accueil
- Dernier article
- Test : Killer 7
- Test : Metal Gear Acid
- La Nouvelle Nintendo : La REVOLUTION!
- Du nouveau pour la X box 360 !
- La nouvelle PlayStation 3
- Dossier Spécial Sony PSP








